Ucherbord’s Weblog

Yvonne Pagniez, la grande dame de Cauroir (2/2)

Posted on: août 29, 2008

« Et j’imaginais que si j’apportais en France la vérité sur notre bagne, une révolte du monde civilisé en ferait cesser l’horreur… » : après la guerre, elle raconte son incroyable odyssée dans son livre Évasion 44 publié en 1949 qui reçoit le grand prix du roman de l’Académie française. Madame Pagniez à qui le Général de Gaulle a rendu hommage en décembre 1945 (« une résistante de la première heure qui a organisé, de sa propre initiative, un réseau de renseignements »), devient correspondante de guerre au Viet-Nam et en Algérie. Elle se retire ensuite en Bretagne, à proximité de l’île d’Ouessant, pour, dit-elle « goûter la solitude et la vérité de la mer ». Dans son ouvrage Ouessant, Yvonne Pagniez fait tout pour transmettre son amour pour la mer et l’île où elle a séjourné longuement. D’après son éditeur, Ouessant est « le livre de la mer et du vent, une plongée dans les plus élémentaires, les plus sauvagement primitives des forces de la nature donnant au lecteur envie de connaître par lui-même l’île de l’épouvante, aujourd’hui largement ouverte au tourisme », Si dans certaines de ses oeuvres, Yvonne Pagniez dénonce les atrocités de la guerre, elle avertit également le public : « Défions-nous de tout ce qui peut attiser la haine (…), prenons garde que nous répondions à des atrocités par d’autres atrocités » (avant-propos du livre Scènes de vie du bagne). C’est certainement pour cela que Madame Pagniez a énormément travaillé au rapprochement franco-allemand. Concernant ce dernier point, son fils a son tenu à préciser que « si elle a survécu, c’est grâce à l’aide apportée par certains Allemands, des gens qui risquaient beaucoup pour elle ».

Honorée par son village d’origine
Madame Pagniez, titulaire du grade de sous-lieutenant et de très hautes distinctions (chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre et médaille de la Résistance, chef du Réseau Kléber, médaille de la Déportation…), revient à Cauroir le 17 Septembre 1978 pour inaugurer une rue qui porte son nom. À ce propos, Yves Pagniez a déclaré aux journalistes présents pour assurer la couverture de l’événement que « maman a été très touchée par le geste de la commune ».

En octobre 1980, Madame Pagniez est, pour la dernière fois, de retour dans sa commune d’origine pour parler aux écoliers de sa vie et donner un aperçu de la rude existence des pêcheurs d’algue auxquels elle a consacré un livre. Yvonne Pagniez qui disparaît le 18 avril 1981, reste à tout jamais, une grande résistante mais aussi une femme de lettres à la foi inébranlable et à la volonté de fer. La dame de Cauroir repose désormais près de son mari au cimetière de la Porte de Paris à Cambrai. •

Sources : Site Internet de la commune Tourisme en Cambrésis « Le Réseau Kléber », éditions Flammarion Médiathèque de Cambrai (« La Voix du Nord » des 11 janvier 1979, 4 octobre 1980, 22 avril 1981, 28 avril 1981, 26 septembre 2006) « L’Observateur du Cambrésis » du 28 juin 2001 « Plein Nord » d’avril 1985, revue historique et culturelle du nord de la France docteur Pierre Briffaut de la Société d’émulation de Cambrai.

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